FORD

Vingt ans après son lancement, Ford relance son modèle phare, la Focus, avec pour ambition de reconquérir le monde.

La Ford Focus de retour dans l’arène

Vingt ans après son lancement, Ford revoit entièrement sa Focus. La compacte américaine jouit désormais d’un design soigné et, surtout, d’une dotation technologique de premier plan. L’agrément de conduite est un modèle du genre qui s’impose comme une référence en la matière.

Nous sommes en 1998, l’équipe de France gagne la Coupe du monde de football, une certaine entreprise nommée Google vient d’être créée et une stagiaire nommée Monica Lewinski fait vaciller l’empire américain. Des temps immémoriaux, en somme, qui voient aussi la naissance de la Focus, une citadine compacte promise à un grand avenir. À l’époque, ce lancement, organisé à Deauville, fit grand bruit. Aucun spécialiste ne pouvait alors imaginer qu’une telle voiture, à hayon permanent, pourrait séduire le grand public.
La Focus est née de la vision de Jac Nasser, le directeur général de l’époque, qui voulait mettre un grand coup de balai dans le nid de comptables qu’était devenu l’ovale bleu. L’idée était de hausser drastiquement les standards de qualité d’une voiture de grande série à une époque où l’on pensait que la plèbe ne se souciait guère de la présentation et du confort. Seize millions d’exemplaires écoulés plus tard, la Focus est entrée dans l’histoire de l’automobile. Mais le monde a bien changé en vingt ans, surtout celui de la gent carrossée. Les rivales de la Focus ont elles aussi hissé leur niveau de jeu et la collusion récente entre les ingénieurs automobiles et les techniciens informatiques a transformé la voiture en un pur produit technologique. La concurrence est si rude et si évoluée sur ce segment que Ford se devait d’innover au moins autant qu’à l’époque du premier modèle.

Page blanche

Le constructeur américain est ainsi parti d’une page blanche pour concevoir cette quatrième génération appelée à donner un nouveau souffle à la lignée. La Focus profite d’une inédite plateforme technique C2 qui lui permettra d’être déclinée, à l’avenir, en différentes carrosseries. Vocation mondiale oblige, les designers n’ont pas renouvelé la prouesse de proposer un véhicule réellement original, comme il y a vingt ans.
La Focus d’aujourd’hui est un savant mélange de ce qui se fait de mieux en termes de design. Prenez les phares et le capot plongeant d’une Volvo, la calandre d’une Aston Martin, les feux arrière d’une Fiat et la silhouette générale d’une Hyundai i30 et vous obtenez la nouvelle création de Détroit. C’est efficace et séduisant, mais cela ne brille pas par son originalité.
Avec ses inserts de chrome et son identité visuelle propre, la version haut de gamme, Vignale, se fait davantage remarquer, mais c’est à l’intérieur que la révolution attendue a bien lieu. La Focus réalise d’immenses progrès en termes de finition et de qualité d’assemblage. La planche de bord se modernise avec l’apparition d’un grand écran tactile central de 8 pouces, venant remplacer la myriade de boutons qui encombraient auparavant l’ensemble. L’habitabilité générale n’est pas en reste avec une longueur accrue de 2 cm qui profite surtout aux généreuses places arrière. L’intérieur de la Focus est ainsi une pure réussite qui permet au conducteur et à ses passagers de profiter pleinement du grand bond en avant technologique ainsi opéré.
La compacte américaine reçoit des équipements relativement rares pour la catégorie, comme le régulateur de vitesse adaptatif combiné à la technologie Stop&Go, le système de reconnaissance des panneaux de signalisation ou encore la technologie de maintien au centre de la voie. Les phares adaptatifs full LED dotés d’une fonction anti-éblouissement font également leur apparition, avec un dispositif prédictif qui utilise les infrastructures pour ajuster l’angle et l’intensité du faisceau lumineux. Cette Focus est aussi la première Ford en Europe à recevoir l’affichage tête haute et à inaugurer également le système Ford Pass Connect, un modem 4G qui permet d’accéder à certaines fonctions de la voiture depuis son smartphone, ou encore de disposer d’un hotspot Wi-Fi jusqu’à 15 m autour du véhicule.

Offre complète

À son lancement en septembre, la Focus proposera cinq moteurs au choix : deux blocs essence 3-cylindres – le 1 l Ecoboost (en 85, 100 et 125 ch), l’inédit 1,5 l Ecoboost (en 150 et 182 ch) – et deux diesel – le 1,5 l EcoBlue (en 95 et 120 ch) et le flambant neuf 2 l (150 ch). Il convient de saluer l’arrivée d’une nouvelle boîte de vitesses automatique à 8 rapports disponible sur les motorisations les plus puissantes.
À l’usage, cette Focus s’impose comme l’une des compactes les plus agréables à conduire, avec son agilité réjouissante sans être trop exigeante, son amortissement soigné, son caractère joueur, même dès les plus petits niveaux de motorisation, et son confort sans faille. Les tarifs vont de 19 950 € (1 l Ecoboost 85 ch Trend) à 32 450 € (2 l EcoBlue 150 BVA 8 Vignale) et se situent dans la bonne moyenne du marché puisque la Focus peut faire valoir des équipements absents chez la concurrence à niveau de prix égal.
En revoyant sa copie, Ford obtient ainsi une excellente note. Des efforts convaincants qu’il faudra confirmer lors de la sortie, dans les mois à venir, d’une version crossover rehaussée de 30 mm ou de la déclinaison break SW.

Fiche technique de la Ford Focus 1,5 l EcoBoost 175 :
• Moteur : 3 cylindres turbo essence
• Cylindrée : 1 497 cm³
• Puissance : 182 ch
• Couple : 240
• Transmission : aux roues avant
• Boîte : manuelle 6 rapports (automatique 8 rapports en option)
• Dimensions : 4 378 x 1 825 x 1 471 mm
• Coffre : 375 l
• Poids : 1 369 kg
• 0 à 100 km/h : 8,3 s
• Vitesse max. : 222 km/h
• Consommation : 5,5 l
• CO2 : 124 g/km
• Malus : 90 €

2018-09-11T15:16:00+00:0005/09/2018|Categories: AUTO-MOTO & SPORTS|