MERCEDES

Inutile de chercher les évolutions stylistiques de cette Mercedes Classe C restylée par rapport à sa devancière : l’étoile s’est concentrée sur la motorisation qui, elle, évolue en profondeur.

Mercedes Classe C, la reconquête.

L’heure de la revanche a sonné pour les berlines. Les SUV vont pâtir du durcissement des normes antipollution. L’occasion pour les constructeurs de remettre en avant leur fer de lance historique. C’est le cas, par exemple, de Mercedes qui revoit en profondeur sa Classe C.

Les temps sont durs pour la gent carrossée. L’augmentation du prix des carburants couplée aux nouveaux processus d’homologation plus en phase avec la réalité des consommations frappe durement l’automobiliste au porte-monnaie. Sans oublier le poids des taxes écologiques qui ne cesse de croître. Ce contexte particulièrement hostile à l’automobile pourrait bien redistribuer les cartes du marché. Si les SUV ont tout dévoré sur leur passage, ils ont sans doute mangé leur pain blanc. Plus fines, plus aérodynamiques et plus légères, les berlines vont être en mesure d’avancer de sérieux arguments face à eux. Mercedes a bien compris qu’un premier rééquilibrage des forces était à prévoir. Le constructeur allemand revoit en profondeur son porte-étendard planétaire, la Classe C. Même si ces dernières années, l’Étoile s’est davantage fait remarquer pour sa Classe A et pour ses crossovers, la berline reste son modèle le plus vendu dans le monde. Plus de 400 000 exemplaires ont été écoulés l’an passé. Il convient donc de la traiter avec les plus grands égards et d’essayer, mise à jour après mise à jour, de ne pas bouleverser le fragile équilibre d’une formule qui gagne.

L’essentiel est invisible aux yeux

À ce petit jeu, Mercedes est passé maître. La génération actuelle de la Classe C a vu le jour en 2014. Quatre ans, c’est le délai commun, désormais, avant un restylage. L’heure est donc venue pour la berline de se refaire une beauté. Mais nous sommes chez Mercedes : les restylages de mi-parcours sont, la plupart du temps, extrêmement subtils Signe que les temps changent, celui qui nous intéresse aujourd’hui est d’ampleur : plus de 50 % des pièces ont été changées. Pourtant, au premier regard, rien ne ressemble plus à l’ancienne Mercedes Classe C que la nouvelle. En mettant les deux modèles côte à côte, il est possible de jouer au jeu des sept erreurs et de s’y casser le nez. Les plus observateurs noteront que le bouclier avant a été légèrement redessiné, que la calandre évolue légèrement et que les optiques ont été revues. Mercedes propose d’ailleurs désormais un éclairage HD dont la portée dépasse les 650 m. Les stylistes devront se contenter de ces menus aménagements.À l’intérieur, l’évolution esthétique est tout aussi mesurée. Un nouveau volant fait son apparition, agrémenté de « pads » pour une navigation dans les menus qui se veut simplifiée. C’est le système multimédia qui a bénéficié de tous les soins. La mise à jour de l’interface est de grande ampleur et il est désormais possible d’opter, en option, pour un gigantesque écran de 26 cm. L’instrumentation est désormais 100 % numérique, pour un regain de modernité. On regrettera cependant que le système ne soit pas tactile et qu’il faille passer par un complexe jeu de molettes pour naviguer dans les menus. Pour le reste, il faudra se contenter de nouveaux jeux de couleurs et de matériaux. Il faut dire que cette génération de la Classe C était déjà suffisamment aboutie pour ne pas avoir besoin d’une profonde refonte formelle. L’intérieur est toujours aussi bien fini et l’espace à vivre demeure parmi les bons élèves de la catégorie même si la place centrale arrière pâtit, aux jambes, de la présence du tunnel de transmission. Le coffre de 455 l se trouve dans la moyenne du segment. Le confort est, quant à lui, toujours aussi irréprochable.

On ne voit qu’avec le cœur

Alors où se situe l’essentiel des changements ? Évidemment sous le capot ! Les nouvelles normes Euro6d qui entreront en vigueur début septembre forcent les constructeurs à mettre à jour leurs motorisations. Mercedes n’échappe pas à la règle, tant s’en faut : le constructeur allemand a dû rappeler 700 000 véhicules pour avoir contourné les règles de calcul des émissions. Ce sont donc de tous nouveaux blocs qui font ainsi leur apparition avec, en diesel, le 1,6 l de 122 ch sur la version C180d, le 2 l en 150 ch sur la C200d et le même 2 l en 245 ch sur la 300d. L’essence voit l’électrification des moteurs passer à la vitesse supérieure. La version la plus emblématique de ce changement d’époque est la C200 : un alterno-démarreur (14 ch) vient assister un nouveau quatre cylindres de 1,5 l pour une puissance poussée à 184 ch. C’est cette déclinaison qui a retenu notre attention : avec ses reprises franches, sa conduite souple et dynamique à la fois, la Classe C ainsi dotée est toujours aussi agréable à piloter. Mercedes France profite du restylage pour simplifier son offre. La finition Access est ainsi supprimée du catalogue. Dommage, elle offrait un ticket d’entrée à 31 000 €. Il faut désormais compter 38 000 € pour la C180 Avantgarde. La C200 électrifiée est, elle, à 44 800 € et il faudra débourser plus de 50 000 € pour faire main basse sur une AMG Line C220d. Si les tarifs grimpent ainsi dans les tours, l’avantage est que la berline est bien mieux dotée de série qu’auparavant où il fallait aller piocher allégrement dans la longue liste des options. En attendant son renouvellement complet prévu pour 2020, la Classe C s’offre ainsi une mise à jour opportune.

Fiche technique de la Mercedes Classe C C200 :
• Moteur : C200 4 cylindres essence
• Cylindrée : 1 497 cm3
• Puissance : 184 ch (avec alterno-démarreur de 14 ch)
• Dimensions : 4,69 x 1,81 x 1,44 m
• Capacité du coffre : 455 litres
• Conso moyenne : 6,0 l
• Vitesse maxi : 239 km/h sur circuit
• Accélération 0-100 km/h : 7,7 s
• Émissions de CO2 : 136 g/km
• Malus écologique : 690 €

2018-09-12T17:32:55+00:0005/09/2018|Categories: AUTO-MOTO & SPORTS|