Mondial de l’auto

Les grandes tendances

Retrait de certains grands constructeurs, sportives délurées, nouveautés témoignant de la direction que va prendre le marché, concepts qui dessinent le portait de l’avenir de la mobilité, berlines qui se rebiffent contre l’omnipotence des SUV, diesel mis à l’index… L’édition 2018 du Mondial de l’Automobile de Paris est l’endroit parfait pour sentir l’air du temps. Voici les trois grandes tendances qui traverseront cette édition.

Retour de flamme

Ce qui frappe sans doute le plus lorsque l’on regarde le menu de cette édition 2018, c’est le regain d’enthousiasme des constructeurs pour l’automobile passion. L’édition 2016 s’est avérée plus sage, consciente que l’heure n’est pas à l’euphorie quand frappent à la porte de l’histoire de cruciaux enjeux écologiques. Toute l’ingénierie des grands noms de la gent carrossée semblait alors focaliser sur ces funestes injonctions. Ce millésime 2018 ne ferme pas les yeux sur cette urgence, mais ajoute un petit supplément d’âme salutaire à des perspectives peu réjouissantes. Le constat des constructeurs est simple : l’automobile est à un tournant majeur de son histoire : soit l’avenir se construit sans elle, avec des solutions de mobilités collectives par exemple, soit il se fera avec elle et, à ce moment-là, il faut donner envie. La présentation du concept Peugeot E-Legend est sans doute la réponse la plus emblématique de cette prise de conscience. Voici une voiture 100 % électrique, qui embrasse la modernité, sans oublier le glorieux passé de l’automobile. Hommage à la 504 de 1969 dessinée par Pininfarina, cet extraordinaire coupé embarque un bloc électrique qui développe 462 ch envoyés aux quatre roues. Le concept dévore le 0 à 100 km/h en moins de 4 secondes et atteint une vitesse maximale de 220 km/h sans émettre un seul gramme de CO2.
En face, on découvrira la Ferrari 488 Pista, le cinquantième coupé de la prestigieuse marque italienne qui est aussi son plus puissant bolide (720 ch), le Lamborghini Urus, premier SUV du Taureau, qui se prend, avec ses 650 ch, pour un supercar ou encore la nouvelle Aston  Martin DBS Superleggerra, nom mythique s’il en est, qui servira Sa Majesté dans le prochain James Bond. Et que dire de la Bugatti Divo, aberration géniale à près de 6 millions d’euros, portée par 1 500 ch ?
Le Mondial de l’Automobile demeure avant tout un rendez-vous de passionnés et l’édition 2018 entend bien le rappeler.

Les enjeux écologiques au cœur des préoccupations

Ce regain de flamme n’empêche pas les constructeurs d’être plus que jamais concernés par les problématiques écologiques et d’y répondre par l’innovation technologique. Pas une marque ne s’avance sans son modèle hybride. Même PSA, qui avait délaissé cette solution après l’échec de la motorisation électrique/diesel, s’y remet avec le DS7 Crossback E-Tens. Signe qui ne trompe pas, Porsche, à l’image de son Cayenne hybride rechargeable, a décidé de renoncer complètement aux motorisations diesel. Le gazole est définitivement mis au ban des carburants. Les constructeurs, même pour leurs modèles très grand public, ne proposent plus qu’un seul bloc diesel dans leur gamme, quand ils en proposent… Cette tendance est particulièrement vraie pour les constructeurs japonais, comme Mazda ou Toyota. Les nouvelles normes antipollution, qui intègrent désormais des contrôles bien plus en phase avec des conditions de circulation normales – ce n’était pas dur ! – redistribuent les cartes et forcent les groupes à se moderniser dans ce domaine à marche forcée. Malgré la propreté toute relative de la technologie, l’électricité n’est pas en reste et entre de manière flagrante dans les gammes grand public. On pense au Kia Niro électrique ou encore au Mercedes EQC, qui est le premier véhicule 100 % branché de l’Étoile. C’est un signe qui ne trompe pas.

Vers l’autonomie totale

Ce n’est plus vraiment une nouveauté, mais l’évolution se confirme mois après mois : nos chères voitures ont des velléités d’autonomie et souhaitent, petit à petit, gagner leur liberté et se passer de conducteur. Dépassement sur autoroute, insertion automatique dans une place de parking, freinage d’urgence, gestion des distances de sécurité, vision à 360°… la technologie est déjà prête et s’insère désormais dans des modèles d’entrée ou de milieu de gamme.
Ces options d’autonomie de niveau 2 (sur 5) sont aujourd’hui banales. Certes, les récents incidents qui ont mis en cause des autopilotes ont refroidi un peu les ardeurs des constructeurs. Pourtant, et même s’il reste encore certains points à améliorer si l’on veut parfaire la sécurité des systèmes, les prochaines étapes ne seront pas nécessairement des avancées techniques : il s’agira plutôt de résoudre des problématiques législatives et structurelles. Le Mondial de l’Auto sera dans tous les cas une superbe vitrine des avancées dans le domaine.

2018-10-10T17:49:03+00:0010/10/2018|Categories: AUTO|Tags: |