BMW

BMW i8

le futur frappe à la porte

Six ans après la présentation de sa sportive hybride i8, BMW sort enfin sa version Roadster. Une ébauche du futur qui scelle définitivement le virage technologique pris par l’Hélice.

BMW a définitivement tourné la page. La marque qui a bâti sa légende sur la production de moteurs thermiques est bel et bien entrée dans une ère nouvelle. Avec l’i3, déjà, citadine électrique qui jouit d’un emballage particulièrement avantageux, l’Hélice avait mis ses pales dans la prise. Elle a ensuite poursuivi avec l’i8, sportive hybride aux performances exceptionnelles, qui préfigurait, lors de sa présentation il y a plus de cinq ans, ce que seraient les voitures sportives d’aujourd’hui et de demain. Le choix de la technologie hybride pour un véhicule aussi sportif pouvait en effet paraître à l’époque étonnant. Mais il résultait en réalité d’un raisonnement tout à fait naturel : entre des clients qui demandent des performances toujours plus impressionnantes et des autorités qui serrent la vis des consommations et des émissions, pourquoi trancher ? En attendant que l’électricité achève sa révolution, la technologie hybride permet de répondre aux enjeux de notre temps. Les autres constructeurs du segment, de Ferrari à Porsche en passant par McLaren, l’ont tous bien compris depuis. Un pari si bien mené que l’i8 affichait les mêmes performances que la 911 Carrera 4 tout en pouvant se vanter d’une consommation de 2,5 1/100 km selon les critères européens.

Promesses tenues
Reste que BMW s’était engagé à sortir une version découvrable de son i8 dès 2013. Il aura donc fallu attendre cinq longues années pour que cette promesse soit enfin tenue. Cet atermoiement a toutes les apparences du retard à l’allumage, mais il relève davantage dans les faits du choix stratégique : misant sur sa protégée pour faire étalage de sa capacité d’innovation, BMW n’a de cesse de faire évoluer son concept pour intégrer les dernières nouveautés technologiques. On a vu, par exemple, une déclinaison « i-Vision Future Interaction Concept », qui prouvait que, grâce aux avancées des capteurs, caméras et autres radars, il était désormais tout à fait possible de remplacer nos vieux rétroviseurs à miroir par des écrans capables de supprimer tous les angles morts, d’alerter en cas de présence d’un véhicule ou de faciliter la vision nocturne. L’i8 s’est également présentée dotée d’un mode de conduite autonome capable de se passer d’un conducteur. Le vaste écran central se transforme en véritable plateforme de divertissement (lecteur vidéo, surf sur internet, mails…) et le conducteur n’est plus qu’un passager comme les autres. On comprend mieux pourquoi cette version Roadster, aussi séduisante qu’elle soit, n’était pas nécessairement la priorité de BMW. Mais il aurait tout de même été dommage de se priver d’un tel bijou. Sur la forme, cette déclinaison n’est ni plus ni moins que le clone du coupé à qui l’on aurait retiré son toit en dur pour mettre une capote en toile. Mais les transformations sont plus profondes : un travail de grande ampleur a été réalisé sur la cellule passager en fibre de carbone et le châssis en aluminium afin d’atteindre la rigidité souhaitée. Cette mutation se paie par une augmentation du poids de
60 kg, portant l’ensemble à 1 595 kg. C’est beaucoup pour un cabriolet sportif, mais c’est peu pour une hybride rechargeable qui affiche de telles performances. Bien sûr, il ne faudra pas s’attendre à retrouver l’habitabilité d’un X5. Les places arrière font de la figuration et la capacité de rangement n’excède pas 180 l.
En revanche, on apprécie la dotation technologique de pointe et la capacité de la capote à s’ouvrir automatiquement en 15 secondes.

Les moyens de ses ambitions
Sous le capot, la donne est aussi bluffante. Malgré sa petite taille (1,5 l), le 3-cylindres (une première pour un modèle arborant l’hélice bleue et blanche) développe 231 ch. Par rapport à la version d’origine, l’i8 profite désormais d’une batterie de 11,6 kWh, contre 7,1 kWh auparavant. Le bloc électrique, qui affichait 131 ch, gagne ainsi 12 ch et l’autonomie en mode zéro émission passe de 35 à 53 km, soit un gain de 50 % environ. La puissance totale est portée à 374 ch. C’est là l’autre prouesse de BMW : malgré les 100 kg de la batterie lithium-ion, l’i8 Roadster dévore le 0 à 100 km en 4,6 s (4,4 s pour la version Coupé). La vitesse est bridée électroniquement à 250 km/h. Les consommations restent contenues à 2,1 l/100 km… On est loin des gros V6 et V8 d’il y a trente ans ! La belle n’émet que 46 g de CO2/km, se riant ainsi du malus qui s’abat lourdement sur les sportives. Des valeurs que l’on ne retrouvera pas sur la route, puisqu’il faut compter sur une consommation moyenne réelle d’environ 7 l/100 km. C’est déjà un exploit pour une voiture de cette trempe. L’i8 Roadster fait toutefois payer assez cher ses bonnes dispositions technologiques et écologiques. La belle s’échange à partir de 156 950 € et la facture peut vite grimper au gré des options. Le futur ne se brade pas.

Fiche technique BMW i8 :

• Motorisation : hybride rechargeable
• Puissance cumulée : 374 ch
• Moteur thermique : 3 cylindres essence biturbo
• Cylindrée : 1 499 cm3
• Puissance : 231 ch
• Couple : 320 Nm
• Puissance électrique : 143 ch
• Couple : 250 Nm
• Batterie : Lithium-ion 11,6 kWh/34 Ah
• Autonomie : 53 km en tout électrique
• Dimensions : 4,68 x 1,94 x 1,29 m
• Coffre : 88 l + 92 l de rangement
• Poids : 1 595 kg
• 0-100 km/h : 4,6 s
• Vitesse : limitée à 250 km/h, 120 km/h en électrique
• Consommation : 2,1 l
• Émissions CO2 : 46 g (malus 0 €)

2018-05-30T15:37:09+00:00 07/09/2017|Catégories : AUTO-MOTO & SPORTS|Mots-clés : |