Toyota

Prenez un Aygo bodybuildé, faites-lui faire un petit voyage dans futur et vous obtenez le C-HR, le nouveau SUV de Toyota, aux lignes avant-gardistes, qui va devoir batailler avec le Qashqai, le Tiguan ou encore le Niro.

Toyota C-HR

La force tranquille

Toyota comble le vide qui subsistait dans son catalogue avec la montée en gamme du Rav-4 et part à l’abordage du segment des SUV compacts avec le C-HR, une proposition futuriste qui s’appuie sur les forces du constructeur japonais.

L’histoire de l’automobile est pour le moins injuste. Nissan a récupéré tout le crédit, et les honneurs qui vont avec, d’avoir révolutionné le marché en inventant le genre SUV avec son Qashqai. Toyota avait pourtant, une nouvelle fois, eu du nez avant tout le monde avec son Rav-4 une bonne dizaine d’années plus tôt. Le géant japonais n’a jamais couru après cette reconnaissance-là : le succès de l’hybride, technologie sur laquelle il a pris dix ans d’avance sur la concurrence à peu près au même moment, lui suffisait bien. Entre-temps, le Rav-4 a pris de l’embonpoint et s’est embourgeoisé. Parallèlement, le genre SUV compact a littéralement explosé par vagues successives. D’abord avec le Nissan Juke, le Renault Captur ou le Peugeot 2008, ensuite et plus récemment, avec le Kia Stonic, le Mazda CX-3 ou encore le Seat Arona. Et la liste est encore bien longue. Toyota, qui lutte depuis plusieurs années avec Volkswagen pour le trône de premier constructeur mondial, a vu surgir l’Alliance Renault-Nissan qui leur a chipé cette place dès juillet dernier, reléguant la firme nipponne à la troisième place du podium. Toyota ne pouvait pas laisser un tel segment ouvert aux quatre vents. C’est là qu’intervient le C-HR.

Exercice de style

Par sa taille – il mesure 4,36 m de long et 1,79 m de large –, le C-HR, pour Coupé High-Rider, ratisse large. Il se place ainsi davantage du côté du Qashqai et du 3008 que des propositions plus compactes. Par sa forme, en revanche, il joue la carte du Juke. Il reprend d’ailleurs à son compte le design tranchant du protégé de
Nissan et pousse même l’exercice de style futuriste à un niveau rarement atteint. On est très loin des dernières productions de Toyota qui, ambitions mondiales obligent, brillaient davantage par leur aspect consensuel. Les lignes très avant-gardistes du C-HR ne laissent pas indifférent. Prenez une Aygo, avec son style espiègle et moderne, faites-lui pousser de la fonte en la bourrant d’amphétamines, envoyez-la dans le futur, vers le XXIIe siècle, et vous obtiendrez le C-HR. La proposition est pour le moins radicale ! Placé, dans le catalogue de Toyota, entre l’Auris et le Rav4, le SUV s’impose comme le nouveau fer de lance du constructeur, qui ne vise pas moins de 100 000 ventes annuelles en Europe. Pas étonnant, alors, que l’ensemble du processus de conception ait été confié à la division européenne de Toyota. Ainsi, même si l’extérieur semble tout droit sorti d’un manga japonais, avec notamment, à l’arrière, des arêtes démesurées, l’habitacle reprend l’ensemble des codes qui plaisent sur le Vieux Continent. C’est élégant, c’est bien fini, c’est robuste et, par endroits, on se croirait même dans une proposition premium, comme en témoigne l’écran tactile dont la disposition rappelle ce que l’on trouve chez Mercedes ou BMW. Mieux, le confort n’a pas à rougir face à cette concurrence qui se targue d’être mieux positionnée.
Lorsque l’on découvre pour la première fois le C-HR, avec son look de coupé, on en déduit un peu hâtivement que l’habitabilité arrière a été sacrifiée au profit de l’exercice de style. Il n’en est rien. Les passagers, même les plus grands, seront heureux de découvrir un espace généreux qui laisse bonne place aux jambes et à la tête. Le coffre, en revanche, n’échappe pas au petit coup de rabot imposé par la forme et ne propose que 377 l, ce qui est assez peu pour la catégorie. Le C-HR se rattrape avec une dotation généreuse sur l’ensemble de son offre et des équipements de pointe comme le régulateur de vitesse adaptatif, la lecture des panneaux ou l’alerte de franchissement de ligne.

Sûr de ses forces

Sous le capot, le CH-R propose deux motorisations : un 1,2 l essence de 116 ch, qui fait office d’entrée de gamme à
22 900 € et qui s’avère un peu juste pour les longs trajets extra-urbain ; et le bloc 1,8 l hybride hérité de la Prius 4, développant 122 ch de puissance combinée proposé à partir de 28 500 €. Le constructeur japonais met cette solution en avant, espérant qu’elle représentera
85 % des ventes du C-HR en France. Exit, donc, le diesel, qui n’est décidément pas dans les petits papiers des constructeurs. Ainsi équipé, le C-HR n’est pas forcément une foudre de guerre. Il met 11 secondes pour avaler le 0 à 100 km/h mais profite du surplus de couple du système électrique pour offrir des reprises franches. On appréciera davantage sa conduite en ville ou sur autoroute que sur les routes secondaires à cause de sa direction à l’assistance trop intrusive et d’une sensibilité au roulis propre à ce genre de véhicule. En revanche, le châssis ne souffre d’aucun défaut majeur et les suspensions sont parfaitement équilibrées. Le C-HR a ainsi beaucoup d’atouts à faire valoir.

Fiche technique Toyota C-HR 1,8 l hybride :
• Moteur : 4 cylindres,
• essence + électrique
• Cylindrée : 1 798 cm3
• Puissance : 122 ch
• Couple : 142 Nm
• Dimensions : 4,36 x 1,79 x 1,55 m
• Coffre : 377 l
• Réservoir : 43 l
• Consommation mixte : 4 l
• Vitesse max : 170 km/h
• Accélération 0-100 km/h : 11 s
• Émissions de CO2 : 87 g/km
• Empattement : 2,64 m

Les plus :
• Prestations générales
• Moteur hybride
• Équipement
• Prix

Les moins :
• Taille du coffre
• Choix de motorisations limité

2018-01-17T15:33:24+00:00 07/09/2017|Catégories : AUTO-MOTO & SPORTS|Mots-clés : |